Christophe Goudot

Christophe Goudot

Un jour, Gérard Cresson, membre lui aussi du groupe Phosphène, amena chez moi une des premières Bouges. Il est reparti avec ma Gurian. Pour confier à long terme mon bien le plus précieux, celle qui m’avait suivi dans toute l’Europe, qui m’avait ouvert les portes de l’Irlande, il fallait que je sois tombé amoureux. Pas d’une jeunesse... à tel point que Dominique avait presque honte que je joue avec cette vieille dame (mais j’ai quand même réussi à lui faire changer d’avis). Il se trouve que cette guitare était celle que je cherchais depuis 30 ans. Ce fut une vraie rencontre. Une cathédrale ! Par respect pour elle et son grand âge, j’ai demandé à Dominique de me fabriquer la même, en plus jeune. Ce qu’il a fait, presque vingt ans après, avec le même son, les mêmes vibrations. Pour moi, cela tient du génie. De plus, je ne lui avais demandé qu’un son et il y a ajouté le look, avec une marquetterie de toute beauté. Depuis que je joue sur des guitares Bouges, mon jeu a évolué : je me contente souvent de faire sonner un accord (les dissonances sont fabuleuses, Sol9, Lam4 !) pour en apprécier la substantifique moëlle. Non, je plaisante, mais à peine. Les basses sont fondamentales dans ma façon de jouer, entre picking, bossa et classique. Les graves de mes guitares ont une profondeur incroyable mais l’équilibre est parfait. C’est un véritable plaisir que de sentir tout l’instrument vibrer contre soi. Je compare souvent ce plaisir à celui que ressentent certainement les pilotes de Formule Un. Les luthiers sont à la musique ce que les mécaniciens sont à la course automobile. Résultat des courses : j’ai 3 Bouges, il m’en manquerait bien encore une. J’utilise une Dreadnought au sein des groupes Phosphène (Musiques du Monde) et Foxy Devil (musique irlandaise) et une Pan coupé avec le trio Sally Goodin’ (country / Bluegrass). J’ai d’ailleurs demandé à Dominique de contribuer à la construction d’une extension chez moi pour entreposer ses guitares, mais je ne sais pas pourquoi je n’ai toujours pas de réponse.

One day, Gérard Cresson came at home with one of the first Bouges. He went away with my Gurian. Entrusting my most precious possession to him for a long period was not easy: the one that followed me everywhere around Europe and thanks to which the doors of Ireland had been opened to me... I had to be in love. But my love was not for a young guitar, to such an extent that Dominique was almost ashamed to hear me play with such an old lady (eventhough I succeeded in getting him to change his mind...). The point is that this is the guitar I had been searching for the past 30 years. And what a meeting ! She was like a Cathedral! Out of respect for her and her old age I asked Dominique to make me the very same model but younger. This is what he did, nearly 20 years later, with the very same sound and the same vibrations. For me that demonstrates genius. I only asked him to create the same sound and he created a look with craftmanship of supreme beauty. Since I’ve been playing Dominique Bouges’ guitars my playing has evolved. Often, I am happy to play just one chord [the dissonances are amazing, G9; Am4] so as to appreciate the pure essence. I’m just kidding... not that much though. The bass frequences are fundamental in my style of playing between picking, bossanova and classical styles. The lows on my guitar are of an incredible depth but the balance is perfect. It is a real pleasure to feel the whole instrument vibrate against oneself. I often compare this pleasure with the feeling the F1 pilot must have. Luthiers are to music what mechanics are to moto sports. lt of the races: I have three Bouges, and I could do with one more ! I use the dreadnough on stage with the group Phosphène (World Music) and Foxy Devil (Irish Music); and a cut away model with the trio Sally Goodin’ (Country Music / Bluegrass).

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